22h00 :: Le rite de transition

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Concert bénéfice dans le commerce P. Gillman

Exit Duncan et les autres amis fatigués, partis se coucher. Une petite bière de plus, et me voilà de nouveau face à l'orchestre, qui joue cette fois du Violent Femmes. Le son de la contrebasse est magique, quasi surnaturel. Le party semble en voie de « pogner », or à ma grande surprise les musiciens laissent leur place à un chœur féminin au ton beaucoup plus solennel.

Josée, Sarah et Marie-Paule se lancent donc dans le chant géorgien (pas grégorien, géorgien !). Je crois entendre les voix bulgares (dont le Mystère avait balayé le palmarès des musiques du monde au début des années 1990. Interprété par de fières fermières aux costumes traditionnels, cet art vocal avait transformé les singing grannies d'Europe de l'Est en détentrices de Grammys.

Aux dires de Josée (que j'ai connue en tant que prof de musique au Cirque du Soleil, et dont je découvre le véritable talent avec émerveillement), le chant géorgien est une variante plus «corsée», aux harmonies et aux dissonances plus complexes que sa contrepartie balkanique.

Comme dans le cas du numéro de danse, la démarche des trois choristes consiste à habiter totalement les lieux, et à profiter de l'acoustique exceptionnelle d'une structure dont l'intérieur est entièrement composé de lattes de bois. Un petit tour de chant effectué dans l'appartement du premier étage fait en sorte que l'habitation semble peuplée par des esprits bienveillants.