Sauvons le Complexe G de la kétainerie !

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Murale du Complexe G (proposition initiale)
Murale du Complexe G (proposition initiale)

L'intégrité architecturale du Complexe G, point culminant de la ville de Québec, est menacée par un projet de fresque en trompe l’œil de style «médiéval», réalisé en PPP par la Commission de la capitale de carton-pâte du Québec et le Groupe financier BMO (Banque de Montréal), avec la collaboration de la SIQ.

Au plan artistique, la «La Fresque des capitales BMO» est l'équivalent – sur 450 mètres carrés – d'une assiette-souvenir achetée par un touriste à la recherche de sa cabane au Canada. La fresque sera réalisée au coût de 300 000 $, et plaira vraisemblablement aux nostalgiques de l'époque des colonialistes à perruque et aux mangeux de queues de castor.

Au plan symbolique, la fresque ramène la capitale nationale du Québec au même rang que les centres administratifs territoriaux supervisés par le gouvernement fédéral, comme Iqaluit ou Yellowknife. Bref, voilà un décor digne d'une Vieille Capitale qui s'enfonce dans l'insignifiance politique.


Madame, Monsieur,

Nous vous prions de renoncer immédiatement au projet de «Fresque des capitales BMO», qui aura pour effet de défigurer le patrimoine moderne de la ville de Québec, en l'occurrence l'édifice Marie-Guyart, siège du Ministère de l'Éducation du Québec.

  1. Le concept de fresque en trompe l’œil, né dans le contexte des villes médiévales européennes, est une proposition incompatible avec le caractère moderniste et nord-américain du Complexe G, érigé en 1972.
  2. Il est ridicule d'offrir à la ville de Québec, à l'occasion de son 400e anniversaire, une oeuvre à la thématique aussi controversée. Cinquante pour cent de la population sera souverainement en désaccord avec la vision grandiloquente et historiquement inexacte du Canada qui y sera dépeinte. Il s'agit d'un véritable « cadeau empoisonné ».
  3. Nous croyons fermement que les édifices publics du gouvernement du Québec (y compris les hôpitaux et pavillons universitaires) doivent rester exempts de commandites privées dont le but est d'augmenter la visibilité de firmes à but lucratif. Ne sont acceptables que les hommages aux particuliers ayant effectué des dons ou legs en leur nom personnel.
  4. Le commanditaire privé de ce projet, en l'occurrence BMO (c'est-à-dire la Banque de Montréal, dont les activités et actifs sont gérés depuis Toronto) a une réputation déjà entachée par des frais de service exorbitants et des profits indécents, prélevés sur le dos d'une clientèle captive. Et que dire de l'attitude anti-Québec de l'establishment financier torontois en général? Il est clair que ce partenariat a d'ores et déjà commencé à causer plus de tort que de bien à cette vénérable et nauséabonde institution, et que celle-ci ferait mieux de garder un profil bas.
  5. Bref, au même titre que la privatisation d'une partie du mont Orford, ce projet sent la Petite Politique Partisane à plein nez, et témoigne de l'arrogance d'un gouvernement minoritaire élu par à peine 33 pour cent de la population. Enfin, nous croyons que la « Fresque des capitales BMO » aura meilleure mine à Charlottetown, au Lac Meech ou sur un mur du Château Montebello (entre deux barbelés anti-manifestants).

Pour toutes ces raisons, NE TOUCHEZ POINT À NOTRE G !

Veuillez agréer les salutations que vous méritez. Insérer votre nom et adresse ici :