La maison du 77, rue Duluth a représenté toute la vie d'un homme et ce, pendant plus de sept décennies. Elle reflète le travail acharné de gens pour qui le mot « loisirs » n'existait tout simplement pas. Elle possède donc une histoire en commun avec ces bâtiments la Main qui abritaient, entre autres, l'épicerie Simcha et le commerce de pierres tombales Berson, situé en contrebas.

La performance de Sarah est terminée. Un ami de la nouvelle propriétaire des lieux nous fait un bref topo, et nous en apprenons un peu plus sur l'étrange local désaffecté. En fait, celui-ci a été utilisé jusqu'à 2002 à des fins d'entreposage par M. Gillman, dont le rôle était d'approvisionner les marchés locaux en produits divers.

Nous avons l'occasion d'assister à la dernière «proposition dansée» de Sarah Wendt, qui redonne vie pour la troisième soirée consécutive à des vitrines inanimées depuis des lustres. La jeune artiste, qui fait mine d'être endormie sur le plancher poussiéreux, entre le comptoir et le poêle à bois, s'éveille doucement et se met à feuilleter le livre comptable du commerçant. Puis elle évolue dans l'espace avec une lenteur extrême. Sa gestuelle fait penser à un genre de qi-gong, en phase avec une trame sonore jouant en boucle, et consistant en dialogues et échantillonnages divers.

Fermée au public depuis quatre décennies, une vénérable maison de la rue Duluth reprend vie dans une ambiance festive.