:: ON A MARCHÉ AU CONGO - LE JOURNAL
DE BORD, KINSHASA 2002
- Vol 845
pour Kinshasa
- La semaine
VIP
- La sauce
se gâte
- Immersion
kinoise
- Sorcellerie,
épidémies et corruption, hakuna
matata !
- Les aventures
de Gilbert
- Petites
misères et gros dégâts
- Dossier
spécial : le pillage des ressources
fauniques
À PROPOS DE CE CARNET: Ces pages sont le condensé
de courriels relatant les efforts déployés
pour bâtir un Portail de la société
civile en République Démocratique du
Congo, ainsi que des nombreuses mésaventures qui ont ponctué notre quotidien, lors d'un stage vécu de juillet à
septembre 2002. Dans un souci de discrétion, j'ai changé certains noms, notamment celui de l'ONG montréalaise
bien connue qui nous a envoyés là-bas
et qui sera rebaptisée Solidarité en
Afrique (SENAF) pour les besoins de ce carnet.
AVERTISSEMENT: Les faits relatés dans ces pages se sont réellement produits, mais ont parfois été exagérés en vue d'augmenter leur effet comique et de dédramatiser certaines situations difficiles. Si vous êtes africain(e) et ne comprenez pas l'humour québécois (dont les passages ou nous rions de nous-mêmes) ne me jugez donc pas trop vite.
Chose certaine, les agissements de certains résidents de Kinshasa mentionnés ici ne sauraient être tenus pour typiques du comportement de l'ensemble des 55 millions de Congolaises et de Congolais, ainsi que des collègues de travail et ami(e)s extrêmement aimables qui m'ont fait connaître cette partie incontournable de l'Afrique.
P.-E.
Paradis
:: LES PROTAGONISTES QUÉBÉCOIS
Pierre-Etienne, auteur et narrateur de ces
pages
Gilbert, étudiant en informatique libano-montréalais,
philosophe et humaniste.
Robert, initiateur et directeur du projet,
voyageur chevronné pouvant pondre un projet
de développement dans les 6 chiffres en une
seule nuit, du Nicaragua à l'Afghanistan en
passant par le Congo, en autant que son iBook soit
fonctionnel et qu'un verre de scotch soit à
portée de la main.
Lorie, la fille de Robert âgée
de 7 ans, nous accompagnait pour la durée des
vacances scolaires.
:: LES PROTAGONISTES CONGOLAIS
Charlie, notre
hôte et partenaire de travail principal, originaire
de la ville de Bukavu (province du Kivu, près
de la frontière rwandaise).
Grapho et Stylo sont pour leur part des
étudiants en architecture qui logeaient avec
nous. (En fait, beaucoup d'autres personnes gravitaient
autour des bureaux de SENAF, et la distinction entre
vie familiale, professionnelle et les simples amitiés
a été très floue. Une chose est
certaine : nous étions entre gens du Kivu,
parlant la plupart du temps un amalgame de Français,
Swahili et Lingala.)
:: LE PROJET
Depuis son indépendance
en 1960, la République Démocratique
du Congo (anciennement connue sous le nom de Zaïre)
a connu une terrible dictature et énormément
d'instabilité politique. La situation est d'autant
plus préoccupante que depuis 1998, l'Est du
pays est en proie à une guerre
civile impliquant les forces armées
de huit pays avoisinants ainsi que de nombreuses milices,
et ayant causé la mort d'environ 2,5 millions
de civils. Ce conflit a aggravé une crise économique
qui s'était manifestée dès la
fin des années 80.
Pourtant le Congo est un pays extrêmement riche
en ressources et ses habitants font preuve
d'une inventivité peu commune. Des pourparlers
récents laissent heureusement entrevoir une
pacification progressive de la région des Grands
Lacs et une réouverture du transport maritime
sur le fleuve Congo, ce qui réunifira en quelque
sorte le pays.
Il est donc primordial qu'à ce moment charnière
de l'histoire de leur pays, les membres de la société
civile congolaise soient en mesure de participer activement
à sa reconstruction et à la mise en
place d'institutions démocratiques. Et pour
ce faire il leur faut des outils de communications
efficaces, à la mesure de leur pays immense.
Seuls les groupes armés, hommes d'affaires
puissants ou communautés religieuses équipés
de téléphones satellitaires sont en
mesure aujourd'hui de communiquer efficacement d'une
région à l'autre, dans un contexte où
les lignes de téléphone terrestres sont
quasiment hors d'usage. (Pour ce qui est de quelques
grandes villes, le téléphone cellulaire
a supplanté le téléphone classique).
À première vue, il apparaît ambitieux,
voire utopique d'aller implanter un serveur Internet
et un portail interactif dans ce pays (voir la description
du projet plus bas). Mais justement, il est fort probable
qu'avec la remise sur pied de son économie
l'Internet y prenne rapidement sa place, à
la manière du « boum »
que nous avons connu au Québec dans les années
1995-1996. La différence étant qu'à
cette époque, il n'était pas question
de technologies open source, de systèmes
d'exploitation légers et abordables comme Linux
ou encore de réseaux sans-fil à la grandeur
d'un édifice ou même d'une ville. L'intérêt
de notre projet réside en grande partie dans
le fait qu'il s'insère en territoire quasiment
vierge, dans un contexte de reconstruction où
les technologies abordables et efficaces sont en mesure
de s'épanouir. Le timing est excellent
!
:: LA TECHNOLOGIE UTILISÉE
Pour des raisons
de coûts mais aussi d'efficacité, la
technologie choisie est de type open source
(accès libre). Le système d'exploitation
FreeBSD,
de type UNIX, jumelé avec le logiciel Apache
est reconnu mondialement comme étant l'une
des configurations de serveur les plus fiables qui
soient. Finalement, la base de données est
de type mySQL
alors que le moteur Drupal,
programmé en langage PHP, constitue la base
sur laquelle les stagiaires ont développé
l'interface utilisateur du portail.
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