Musique
Mahmoud Ahmed est un titan, le plus grand des grands! J'ai découvert ses classiques il y a six ans grâce au disque qui lui a été consacré (Eré mela mela, paru en 2000 sur la fabuleuse collection Éthiopiques). Ça a été une petite révolution dans ma conception de la musique je dois vous avouer. Mais la musique éthiopienne était encore très underground et ne commençait qu'à refaire surface après quinze ans d'oubli. Je n'aurais jamais cru que je pourrais en voir le king ici même à Québec !
Voilà, j'hésite entre vous faire part de l'excellente cassette de choubi irakien qu'un de mes potes m'a ramenée de Syrie, et cet autre artefact que j'ai déterré puis numérisé. Je dois vous avouer qu'Ar Skloferien a été mon premier trip. J'ai littéralement détruit le vinyle à force de trop l'écouter à l'âge de 4 ans! Restait heureusement une vieille cassette achetée chez Musique d'Auteuil en 1989 (et qui dormait vraisemblablement sur les tablettes depuis longtemps) pour remplacer le trésor perdu.
Exit Duncan et les autres amis fatigués, partis se coucher. Une petite bière de plus, et me voilà de nouveau face à l'orchestre, qui joue cette fois du Violent Femmes. Le son de la contrebasse est magique, quasi surnaturel. Le party semble en voie de « pogner », or à ma grande surprise les musiciens laissent leur place à un chœur féminin au ton beaucoup plus solennel. Josée, Sarah et Marie-Paule se lancent donc dans le chant géorgien (pas grégorien, géorgien !). Je crois entendre les voix bulgares (dont le Mystère avait balayé le palmarès des musiques du monde au début des années 1990. Interprété par de fières fermières aux costumes traditionnels, cet art vocal avait transformé les singing grannies d'Europe de l'Est en détentrices de Grammys.
